Menu Étude Géotechnique Défilant (Instant)
Géotechnique

Chargement...

...Par Études Géotechnique
Image de couverture
[Exercice] Stabilité d'une Fouille - Nappe Perchée

Titre Outil

À DÉCOUVRIR SUR LE SITE
Calcul de la poussée sur un écran

Comprendre les forces agissant sur le soutènement.

Soutènement route de montagne

Solutions géotechniques pour sites difficiles.

Dimensionnement Mur de Soutènement

Guide complet de vérification et calcul.

Ancrage Rideau de Palplanches

Conception des tirants et liernes.

Stabilité de fond d'excavation

Prévention du renard hydraulique et soulèvement.

Déformation Paroi & Tassements

Impacts sur les avoisinants et maîtrise des risques.

Stabilité d'une Fouille avec Nappe Perchée

Contexte : Sécurisation d'une fouille urbaine.

Lors du terrassement pour un parking souterrain, on utilise un rideau de palplanches (paroi souple) pour soutenir les terres. La reconnaissance géotechnique a révélé la présence d'une couche d'argile peu perméable en profondeur, retenant une Nappe PerchéeAccumulation d'eau souterraine au-dessus d'une couche imperméable, située plus haut que la nappe phréatique principale. dans les remblais sableux sus-jacents. Cette eau exerce une pression supplémentaire potentiellement dangereuse sur l'ouvrage.

Remarque Pédagogique : Cet exercice illustre l'importance critique du drainage et de la prise en compte des pressions interstitielles dans le calcul des ouvrages de soutènement (principe de Terzaghi).


Objectifs Pédagogiques

  • Calculer le coefficient de poussée active (\(K_a\)).
  • Déterminer les contraintes effectives verticales dans un sol stratifié.
  • Calculer les diagrammes de pression des terres et de l'eau.
  • Évaluer la résultante totale des forces agissant sur la paroi.

Données de l'étude

On considère un rideau de palplanches soutenant une hauteur de fouille. Le sol est homogène du point de vue mécanique (Sable), mais la présence de l'eau modifie les contraintes.

Fiche Technique / Données
Caractéristique Symbole Valeur Unité
Hauteur totale du mur \(H\) 10 \(\text{m}\)
Profondeur d'excavation \(H_{\text{exc}}\) 6 \(\text{m}\)
Poids volumique du sable \(\gamma\) 18 \(\text{kN/m}^3\)
Angle de frottement interne \(\phi'\) 30 \(^\circ\)
Cohésion effective \(c'\) 0 \(\text{kPa}\)
Profondeur de la nappe (amont) \(z_w\) 2 \(\text{m}\)
Poids volumique de l'eau \(\gamma_w\) 10 \(\text{kN/m}^3\)
Coupe Schématique de l'Ouvrage
TN (z=0m) Fond (z=6m) Nappe (z=2m) 10m 6m
Nom du Paramètre Symbole Valeur Unité
Coefficient Poussée \(K_a\) ? -
Questions à traiter
  1. Calculer le coefficient de poussée active \(K_a\).
  2. Déterminer la contrainte verticale effective \(\sigma'_v\) à z=0, z=2m et z=10m.
  3. Calculer la contrainte horizontale de poussée \(\sigma'_a\) (terres seules).
  4. Calculer la pression hydrostatique \(u\) à la base du mur.
  5. Calculer la force totale résultante (Terres + Eau) par mètre linéaire de mur.

Les bases théoriques

Pour résoudre ce problème, nous utilisons la théorie de Rankine et le principe de la contrainte effective de Terzaghi.

Théorie de Rankine (États Limites)
Le sol exerce une pression sur la paroi qui dépend de son état de déformation. En phase d'excavation (détente), on considère l'état actif (poussée).

Coefficient de Poussée (Ka)

\[ K_a = \tan^2\left(45 - \frac{\phi'}{2}\right) \]

Où :

  • \(K_a\) est le coefficient de poussée.
  • \(\phi'\) est l'angle de frottement interne.

Principe de Terzaghi
La contrainte totale dans le sol est la somme de la contrainte effective (squelette solide) et de la pression de l'eau.

Contrainte Effective

\[ \sigma' = \sigma_{\text{totale}} - u \]

Où :

  • \(\sigma'\) est la contrainte effective (qui génère le frottement).
  • \(u\) est la pression interstitielle (eau).

Correction : Stabilité d'une Fouille avec Nappe Perchée

Question 1 : Coefficient de poussée active \(K_a\)

Principe

Le coefficient de poussée active, noté \(K_a\), est un paramètre fondamental en géotechnique qui quantifie la réduction de contrainte latérale lorsqu'un sol se détend. Lorsqu'un mur de soutènement se déplace légèrement vers l'extérieur (éloignement du massif), le sol derrière lui subit une extension horizontale. Cette déformation mobilise la résistance au cisaillement du sol (frottement entre les grains), ce qui a pour effet de diminuer la pression qu'il exerce sur le mur par rapport à l'état de repos (\(K_0\)).

Mini-Cours

Rankine vs Coulomb : Il existe deux théories principales pour calculer ce coefficient. La méthode de Rankine, utilisée ici, suppose un mur parfaitement lisse (sans frottement sol-mur) et une surface de sol horizontale. Elle est souvent plus conservatrice et plus simple à utiliser pour les sols pulvérulents. La méthode de Coulomb prend en compte le frottement sol-mur (\(\delta\)) et l'inclinaison du mur.

Il suffit d'un déplacement de H/1000 pour mobiliser pleinement la poussée active, ce qui est très faible.

Remarque Pédagogique

Notez la relation inverse : plus l'angle de frottement interne \(\phi'\) est élevé (sol "rugueux" comme du gravier anguleux), plus le sol "se tient" de lui-même, et plus le coefficient \(K_a\) est faible. Un sable lâche poussera beaucoup plus qu'un sable compact.

Normes

Selon l'Eurocode 7 (Calcul géotechnique - EN 1997-1), pour un dimensionnement aux États Limites Ultimes (ELU), on doit appliquer des coefficients partiels de sécurité (\(\gamma_{\phi}\)) sur la valeur de \(\tan(\phi')\) avant de calculer \(K_a\). Cela permet de prendre en compte l'incertitude sur les propriétés du sol. Ici, pour cet exercice pédagogique, nous effectuons un calcul en contraintes de service (ELS) sans pondération des paramètres de sol.

Formule(s)

Formules utilisées

Calcul de Ka (Rankine)

\[ K_a = \tan^2\left(45^\circ - \frac{\phi'}{2}\right) \]

Alternativement, on peut utiliser la formule trigonométrique : \(K_a = \frac{1 - \sin(\phi')}{1 + \sin(\phi')}\).

Hypothèses

Pour que cette formule soit valide, nous posons les hypothèses suivantes :

  • Le sol est en état d'équilibre limite plastique (rupture imminente).
  • La surface du terrain est horizontale (\(\beta = 0\)).
  • Le parement du mur est vertical et parfaitement lisse (\(\delta = 0\)).
  • Le sol est homogène et isotrope.
Donnée(s)
ParamètreSymboleValeurUnité
Angle de frottement interne\(\phi'\)30\(^\circ\) (degrés)
Astuces

Pour vérifier rapidement la cohérence de votre résultat : pour un sol frottant, \(K_a\) est toujours inférieur à 1 (souvent entre 0.2 et 0.4). Son inverse exact est le coefficient de butée \(K_p = \frac{1}{K_a}\), qui lui est toujours supérieur à 1.

Schéma : Cercle de Mohr à la rupture

Représentation de l'état des contraintes limites.

σ' τ ϕ = 30° σ'h σ'v État Actif
Calcul(s)
Application numérique

On remplace \(\phi'\) par sa valeur dans l'équation. Voici le détail étape par étape pour bien comprendre d'où vient la valeur :

Étape 1 : Calcul du demi-angle.

\[ \frac{\phi'}{2} = \frac{30}{2} = 15^\circ \]

Étape 2 : Calcul de l'angle total.

\[ 45^\circ - 15^\circ = 30^\circ \]

Étape 3 : Calcul de la tangente.

\[ \tan(30^\circ) = \frac{1}{\sqrt{3}} \approx 0.577 \]

Étape 4 : Élévation au carré pour obtenir \(K_a\).

\[ \begin{aligned} K_a &= \left(\frac{1}{\sqrt{3}}\right)^2 \\ &= \frac{1}{3} \\ &\approx 0.333 \end{aligned} \]

Ce résultat confirme que la pression horizontale sera divisée par 3 par rapport à la pression verticale.

Réflexions

Un \(K_a\) de 0.33 signifie physiquement que le sol ne transmet qu'un tiers de sa contrainte verticale à l'horizontale. C'est le frottement interne des grains qui "encaisse" les deux autres tiers. Si le sol était un liquide (\(\phi=0\)), \(K_a\) vaudrait 1 (transmission intégrale).

Points de vigilance

Erreur fréquente : Attention au réglage de votre calculatrice ! Les fonctions trigonométriques doivent être calculées avec l'angle en degrés (si vous utilisez 30) ou en radians (si vous convertissez). \(\tan(30 \text{ rad}) \neq \tan(30^\circ)\).

Points à Retenir

L'essentiel à mémoriser :

  • \(K_a < 1\) correspond à l'état de Poussée (mur s'éloigne).
  • \(K_p > 1\) correspond à l'état de Butée (mur pousse le sol).
  • \(K_0\) (repos) est situé entre les deux.
Le saviez-vous ?

William Rankine a développé cette théorie en 1857. Malgré son âge, elle reste la base de dimensionnement pour la majorité des murs de soutènement gravitaires simples, en raison de sa simplicité et de sa sécurité relative.

FAQ
Pourquoi utiliser l'angle de 45° dans la formule ?

Cet angle provient de la géométrie du cercle de Mohr à la rupture. Les plans de glissement (sur lesquels le cisaillement est maximal par rapport à la résistance) se forment théoriquement à un angle de \(\alpha = 45^\circ + \frac{\phi'}{2}\) par rapport à l'horizontale.

\(K_a \approx 0.333\)

A vous de jouer
Si l'angle de frottement était de 35° (sable très compact), que vaudrait Ka ?

📝 Mémo
Retenez que pour un sable standard (\(\phi=30^\circ\)), \(K_a\) vaut exactement 1/3. C'est une valeur repère très utile pour le pré-dimensionnement.


Question 2 : Contraintes Verticales Effectives \(\sigma'_v\)

Principe

La contrainte verticale en un point du sol est générée par le poids de la colonne de terre située au-dessus de ce point. Cependant, la présence d'eau modifie la donne : l'eau exerce une poussée d'Archimède sur les grains, ce qui réduit leur poids apparent. On doit donc calculer la contrainte effective (\(\sigma'\)), qui représente la force réellement transmise de grain à grain.

Mini-Cours

Le poids volumique déjaugé (\(\gamma'\)) : Lorsqu'un sol est immergé, son poids efficace diminue. On définit le poids volumique déjaugé par la relation : \(\gamma' = \gamma_{\text{sat}} - \gamma_w\). C'est souvent environ la moitié du poids total (ex: 20 - 10 = 10 kN/m³), ce qui signifie que le sol est deux fois "plus léger" sous l'eau. C'est le poids apparent du squelette solide immergé.

Remarque Pédagogique

C'est la contrainte effective qui "tient" le sol. Si la pression de l'eau augmente trop (surpression), la contrainte effective peut s'annuler, menant à la liquéfaction ou à la boulance (sables mouvants).

Normes

La norme française NF P 94-261 (application nationale de l'Eurocode 7) impose de distinguer rigoureusement les contraintes totales et effectives, notamment pour les calculs de stabilité de fond de fouille.

Formule(s)

Formules utilisées

Contrainte Géostatique

\[ \sigma'_v(z) = \sigma_{v,\text{totale}}(z) - u(z) \]

Ou par sommation des couches :

\[ \sigma'_v = \sum (\gamma \cdot h)_{\text{sec}} + \sum (\gamma' \cdot h)_{\text{immergé}} \]
Hypothèses

Nous supposons :

  • Le sol est horizontal et les couches sont parallèles.
  • Le poids volumique est constant dans chaque couche.
  • \(\gamma = 18 \text{ kN/m}^3\) (saturé et humide supposés égaux pour simplifier).
  • \(\gamma_w = 10 \text{ kN/m}^3\).
Donnée(s)
Profondeur (z)État du solPoids volumique à utiliser
0 à 2mHumide (non saturé)\(\gamma = 18\)
2 à 10mImmergé (sous la nappe)\(\gamma' = 18 - 10 = 8\)
Astuces

Pour gagner du temps et éviter les erreurs de signe, calculez directement avec \(\gamma'\) pour les couches sous l'eau. Au lieu de faire "Poids total - Pression eau", faites "Hauteur x Poids déjaugé".

Schéma : Profil Stratigraphique
Sec Immergé 2m 10m 36 kPa 100 kPa

À gauche : Couches de sol. À droite : Évolution de la contrainte effective.

Calcul(s)

Nous procédons par paliers successifs en descendant depuis la surface, en cumulant le poids des terres rencontrées.

1. À z = 0m (Surface)

Au niveau du terrain naturel, il n'y a aucune couche de sol au-dessus. La contrainte verticale est donc nulle :

\[ \sigma'_v(0) = 0 \text{ kPa} \]
2. À z = 2m (Interface Nappe)

Nous descendons de 2 mètres. Nous devons ajouter le poids de cette couche de sable humide. La formule est simplement le poids volumique multiplié par l'épaisseur :

\[ \begin{aligned} \sigma'_v(2) &= \gamma \times z \\ &= 18 \text{ kN/m}^3 \times 2 \text{ m} \\ &= 36 \text{ kPa} \end{aligned} \]

À cette profondeur, le sol pèse de tout son poids sur les grains inférieurs.

3. À z = 10m (Pied du mur)

Nous continuons la descente. La couche suivante fait 8m d'épaisseur (de 2m à 10m) et elle est immergée. Nous devons d'abord calculer le poids volumique déjaugé (\(\gamma'\)) pour tenir compte de la poussée d'Archimède :

Calcul de Gamma'

\[ \begin{aligned} \gamma' &= \gamma_{\text{sat}} - \gamma_w \\ &= 18 - 10 \\ &= 8 \text{ kN/m}^3 \end{aligned} \]

Maintenant, nous ajoutons le poids de cette couche immergée à la contrainte que nous avions déjà calculée à 2m. C'est le principe de superposition des couches :

Calcul de la contrainte à la base

\[ \begin{aligned} \sigma'_v(10) &= \sigma'_v(2) + \gamma' \times (10 - 2) \\ &= 36 + 8 \times 8 \\ &= 36 + 64 \\ &= 100 \text{ kPa} \end{aligned} \]

Nous obtenons une contrainte effective de 100 kPa au pied du mur, ce qui est inférieur à ce qu'on aurait sans eau (180 kPa).

Le diagramme de contrainte effective change de pente à z=2m.

Réflexions

Observez bien le résultat : à 10m de profondeur, la contrainte effective n'est que de 100 kPa. S'il n'y avait pas d'eau, elle serait de \(18 \times 10 = 180 \text{ kPa}\). L'eau "porte" une grande partie du poids du sol (80 kPa), ce qui soulage le squelette granulaire mais augmente la pression totale sur le mur (voir Q4).

Points de vigilance

Ne jamais multiplier la contrainte totale par \(K_a\) par la suite ! Seule cette contrainte effective (\(\sigma'\)) génère du frottement et doit être multipliée par \(K_a\).

Points à Retenir

L'essentiel à mémoriser :

  • Au dessus de l'eau : Pente forte (\(\gamma \approx 18\)).
  • Sous l'eau : Pente faible (\(\gamma' \approx 8-10\)).
Le saviez-vous ?

Le concept de contrainte effective explique pourquoi on peut construire des châteaux de sable humide (succion capillaire qui augmente \(\sigma'\)) mais pas de sable sec ou totalement immergé sans précaution.

FAQ
Et si le sol changeait de nature à 5m ?

Il faudrait simplement découper le calcul en une tranche supplémentaire. La contrainte est cumulative : \(\sigma'_v(z) = \sigma'_v(z_{\text{sup}}) + \gamma'_{\text{couche}} \times \Delta h\).

\(\sigma'_v(10) = 100 \text{ kPa}\)

A vous de jouer
Quelle serait la contrainte verticale effective à une profondeur intermédiaire de z=5m ?

📝 Mémo
Sous l'eau, le sol est "plus léger" à porter. Pensez à Archimède pour ne pas oublier de déjauger.


Question 3 : Contrainte Horizontale de Poussée \(\sigma'_a\)

Principe

Maintenant que nous connaissons la contrainte verticale effective, nous devons déterminer la contrainte horizontale que le sol exerce sur le mur. En géotechnique, la contrainte horizontale n'est pas égale à la verticale (sauf dans un liquide). Elles sont reliées par le coefficient \(K_a\) que nous avons calculé en Q1. C'est la loi de comportement du sol à la rupture.

Mini-Cours

Isotropie vs Anisotropie : Contrairement à l'eau qui est isotrope (K=1, la pression est la même dans toutes les directions), le sol solide est anisotrope en termes de contraintes. Il transmet moins de force latéralement que verticalement (\(K_a < 1\)) tant qu'il n'est pas en butée. Il faut bien tracer le cercle de Mohr pour visualiser cet état de contrainte anisotrope.

Remarque Pédagogique

C'est cette valeur (\(\sigma'_a\)) qui représente la "poussée des terres" proprement dite. Elle ne contient pas encore l'eau, qui sera ajoutée séparément.

Normes

Les normes de dimensionnement imposent de vérifier que le déplacement du mur est suffisant pour mobiliser cet état actif. Si le mur est rigide et ne bouge pas (ex: paroi moulée très épaisse), on utiliserait \(K_0\) (coefficient au repos, \(K_0 \approx 1 - \sin\phi \approx 0.5\)), qui est plus élevé.

Formule(s)

Formule fondamentale de Rankine

Loi de Poussée

\[ \sigma'_a(z) = K_a \cdot \sigma'_v(z) - 2c'\sqrt{K_a} \]

Dans notre cas, le sable n'a pas de cohésion (\(c'=0\)), donc le terme correctif s'annule :

\[ \sigma'_a(z) = K_a \cdot \sigma'_v(z) \]
Hypothèses

Nous supposons :

  • Cohésion nulle (\(c' = 0\)).
  • État actif pleinement mobilisé sur toute la hauteur.
Donnée(s)
Profondeur z\(\sigma'_v\) (calculé en Q2)\(K_a\) (calculé en Q1)
0 m0 kPa0.333
2 m36 kPa0.333
10 m100 kPa0.333
Astuces

Multipliez simplement vos résultats de la Question 2 par 1/3 ! C'est l'avantage d'avoir un sol homogène (même \(\phi\) partout).

Diagramme de poussée des terres
z=2m 12 kPa 33.3 kPa

Profil brisé caractéristique dû à la nappe.

Calcul(s)

Nous appliquons la loi de comportement du sol (\(\sigma'_a = K_a \cdot \sigma'_v\)) linéairement pour chaque profondeur clé. Voici le détail pour chaque niveau :

Application numérique

À la profondeur z = 0 m :

\[ \begin{aligned} \sigma'_a &= K_a \times \sigma'_v(0) \\ &= 0.333 \times 0 \\ &= 0 \text{ kPa} \end{aligned} \]

À la profondeur z = 2 m (interface) :

\[ \begin{aligned} \sigma'_a &= K_a \times \sigma'_v(2) \\ &= 0.333 \times 36 \\ &= 11.988 \\ &\approx 12 \text{ kPa} \end{aligned} \]

À la profondeur z = 10 m (pied) :

\[ \begin{aligned} \sigma'_a &= K_a \times \sigma'_v(10) \\ &= 0.333 \times 100 \\ &= 33.33 \text{ kPa} \end{aligned} \]

Ces trois points nous permettent de tracer le diagramme de pression des terres, qui présente une rupture de pente à 2m.

Réflexions

Le diagramme de poussée "casse" à z=2m (changement de pente). La pente (le gradient de pression) est plus forte au-dessus de la nappe (\(K_a \cdot \gamma \approx 6\)) qu'en dessous (\(K_a \cdot \gamma' \approx 2.66\)). Cela peut sembler contre-intuitif, mais c'est logique car le sol est moins lourd sous l'eau.

Points de vigilance

Ne pas confondre contrainte horizontale totale et effective. Ici on calcule \(\sigma'_h\). Une erreur classique est d'oublier la cohésion \(c'\) si elle n'est pas nulle. La cohésion réduit la poussée active (terme négatif dans la formule). Ici c'est 0, donc pas de souci.

Points à Retenir

L'essentiel à mémoriser :

  • Diagramme triangulaire ou trapézoïdal.
  • Rupture de pente systématique au niveau de la nappe phréatique.
Le saviez-vous ?

Si le sol était de l'argile (cohésif), la contrainte en surface pourrait être négative (traction) ! Cela signifie que le sol "tient" tout seul sur une certaine hauteur sans pousser sur le mur.

FAQ
Pourquoi la pression horizontale est-elle plus faible que la verticale ?

À cause du frottement interne. Les grains s'emboîtent et créent des arcs de voûte qui transfèrent les charges, empêchant une transmission latérale totale comme dans un fluide.

Base du diagramme sol : 33.33 kPa

A vous de jouer
Calculez la contrainte horizontale à z=5m (sachant que \(\sigma'_v=60\) kPa).

📝 Mémo
Poussée des Terres = Ka * Contrainte Effective.


Question 4 : Pression Hydrostatique \(u\)

Principe

L'eau présente dans les pores du sol exerce sa propre pression, appelée pression interstitielle ou hydrostatique. Contrairement au sol, l'eau est un fluide parfait : elle transmet la pression intégralement dans toutes les directions (isotropie). Elle commence à partir de la surface libre de la nappe (\(z_w = 2m\)).

Mini-Cours

Loi de Pascal : Dans un fluide au repos incompressible, la pression ne dépend que de la profondeur par rapport à la surface libre. \(u = \rho \cdot g \cdot h\). Ici, le coefficient de pression latérale est \(K_w = 1\).

Remarque Pédagogique

L'eau est souvent l'ennemi n°1 en géotechnique. Elle ajoute une poussée considérable sans apporter de résistance au cisaillement (au contraire, elle réduit la résistance effective).

Normes

Dans les combinaisons de charges Eurocode 7, l'action de l'eau est considérée comme une action permanente ou variable selon que le niveau est stable ou fluctuant. Si le niveau est un PHE (Plus Hautes Eaux), c'est souvent un cas de charge accidentel ou variable avec un coefficient de sécurité élevé.

Formule(s)

Pression interstitielle

\[ u(z) = \gamma_w \cdot (z - z_w) \]
Hypothèses

Nous sommes en régime hydrostatique (nappe au repos, pas d'écoulement). Si de l'eau circulait sous le mur (écoulement), il faudrait tracer un réseau d'écoulement, ce qui modifierait la distribution des pressions.

  • \(\gamma_w = 10 \text{ kN/m}^3\).
  • Niveau de la nappe constant à \(z_w = 2m\).
Donnée(s)
ParamètreSymboleValeur
Poids vol. eau\(\gamma_w\)10 kN/m³
Profondeur nappe\(z_w\)2 m
Astuces

Le diagramme de l'eau est toujours un triangle simple partant de 0 à la surface de la nappe. Sa pente est toujours 10 (ou 9.81).

Diagramme de l'Eau
z=2 80 kPa

Triangle de pression hydrostatique

Calcul(s)
Calcul à la Base du Mur

Nous devons d'abord déterminer la hauteur de la colonne d'eau qui appuie sur la base du mur. La nappe commence à 2m et le mur descend jusqu'à 10m :

\[ \begin{aligned} h_w &= z_{\text{base}} - z_{\text{nappe}} \\ &= 10 - 2 \\ &= 8 \text{ m} \end{aligned} \]

Ensuite, nous appliquons la loi hydrostatique en multipliant cette hauteur par le poids volumique de l'eau :

\[ \begin{aligned} u(10) &= \gamma_w \times h_w \\ &= 10 \text{ kN/m}^3 \times 8 \text{ m} \\ &= 80 \text{ kPa} \end{aligned} \]

La pression de l'eau au pied du mur est donc de 80 kPa, ce qui est une valeur très importante à ne pas négliger.

Validation : 80 kPa est une valeur importante, bien supérieure à la poussée des terres seule.

Réflexions

80 kPa équivaut à 8 tonnes par mètre carré ! Comparez cela aux 33 kPa de poussée des terres calculés précédemment. La pression de l'eau est ici plus de deux fois supérieure à celle du sol. C'est elle qui dimensionne l'ouvrage.

Points de vigilance

Erreur mortelle : La pression de l'eau ne se multiplie JAMAIS par \(K_a\). L'eau n'a pas de frottement interne, elle pousse "plein pot" (\(K=1\)). Une erreur ici sous-estimerait la force par 3 !

Points à Retenir

L'essentiel à mémoriser :

  • L'eau pousse fort (K=1).
  • Elle agit toujours perpendiculairement à la paroi.
  • Elle commence à \(z = z_w\).
Le saviez-vous ?

Pour un barrage-poids, la force de l'eau est la seule charge active. Pour un mur de soutènement avec nappe haute, le mur se comporte presque comme un barrage !

FAQ
Et si la nappe bouge en hiver ?

Il faut toujours prendre le niveau d'eau le plus défavorable (niveau des plus hautes eaux, PHE) pour le dimensionnement, car c'est le cas le plus dangereux.

\(u_{\text{base}} = 80 \text{ kPa}\)

A vous de jouer
Quelle est la pression de l'eau à z=5m ?

📝 Mémo
Drainer = Enlever cette pression = Sécurité maximale. C'est pourquoi on voit des tuyaux PVC sortir des murs de soutènement.


Question 5 : Force Totale Résultante

Principe

Nous avons calculé des pressions (en kPa = kN/m²) réparties sur la hauteur. Pour dimensionner la structure (vérifier qu'elle ne glisse pas ou ne bascule pas), nous avons besoin de la Force Totale Résultante (en kN par mètre linéaire de mur). Cette force correspond mathématiquement à l'aire sous les diagrammes de pression que nous avons tracés (Sol + Eau). C'est le principe de superposition.

Mini-Cours

Intégration graphique : Plutôt que de faire une intégrale mathématique complexe, on découpe les diagrammes en formes géométriques simples (rectangles, triangles) dont on calcule l'aire. Le centre de gravité de ces aires indique le point d'application de la force résultante. \(\text{Force} = \text{Surface du diagramme}\).

Remarque Pédagogique

C'est cette force totale qui servira à calculer le moment de renversement (bras de levier x Force) pour vérifier l'équilibre statique.

Normes

L'Eurocode demande de vérifier les équilibres statiques EQU (équilibre), STR (résistance structurelle) et GEO (résistance géotechnique) en utilisant cette force résultante pondérée par des coefficients de sécurité partiels sur les actions permanentes et variables.

Formule(s)

Calcul d'aires

\[ F = \text{Aire Triangle} + \text{Aire Trapèze} \]

Aire Triangle : \(\frac{1}{2} \cdot \text{Base} \cdot \text{Hauteur}\)
Aire Trapèze : \(\frac{\text{Petite Base} + \text{Grande Base}}{2} \cdot \text{Hauteur}\)

Hypothèses

Calcul effectué par mètre linéaire de mur (ml). On suppose une déformation plane.

  • Diagrammes établis en Q3 (Sol) et Q4 (Eau).
Donnée(s)
ComposanteFormeValeurs clés (Base x Hauteur)
Sol (0-2m)TriangleBase=12, H=2
Sol (2-10m)Trapèzeb=12, B=33.33, H=8
Eau (2-10m)TriangleBase=80, H=8
Astuces

Pour le trapèze, vous pouvez aussi le décomposer en un rectangle (12 x 8) + un triangle ((33.33-12) x 8 / 2). Cela permet de mieux situer le centre de poussée.

Superposition des Aires

On additionne les surfaces colorées.

Eau (Grande Surface) Sol
Calcul(s)

Nous allons calculer la force totale en additionnant les aires des diagrammes géométriques que nous avons construits.

1. Force de Poussée du Sol (\(F_{\text{sol}}\))

On découpe le diagramme du sol en deux parties distinctes.

a. Triangle supérieur (0 à 2m) :
Il s'agit d'un triangle de base 12 kPa et de hauteur 2m. L'aire est :

\[ \begin{aligned} F_1 &= \frac{1}{2} \times 12 \times 2 \\ &= 12 \text{ kN/ml} \end{aligned} \]

b. Trapèze inférieur (2 à 10m) :
Ce trapèze a une petite base \(b = 12 \text{ kPa}\), une grande base \(B = 33.33 \text{ kPa}\) et une hauteur \(h = 8 \text{ m}\). La formule de l'aire est :

\[ \begin{aligned} F_2 &= \frac{12 + 33.33}{2} \times 8 \\ &= 22.665 \times 8 \\ &= 181.32 \text{ kN/ml} \end{aligned} \]

Nous sommons ces deux forces pour obtenir la poussée totale des terres :

\[ \begin{aligned} F_{\text{sol}} &= F_1 + F_2 \\ &= 12 + 181.32 \\ &= 193.32 \text{ kN/ml} \end{aligned} \]
2. Force de l'Eau (\(F_{\text{eau}}\))

Le diagramme de l'eau est un grand triangle de base 80 kPa et de hauteur 8m. Son aire représente la force hydrostatique :

\[ \begin{aligned} F_{\text{eau}} &= \frac{1}{2} \times 80 \times 8 \\ &= 320 \text{ kN/ml} \end{aligned} \]
3. Résultante Totale

Enfin, nous additionnons la force du sol et la force de l'eau pour obtenir la charge totale que le mur doit supporter :

\[ \begin{aligned} F_{\text{tot}} &= F_{\text{sol}} + F_{\text{eau}} \\ &= 193.32 + 320 \\ &= 513.32 \text{ kN/ml} \end{aligned} \]

Le mur doit donc être dimensionné pour résister à une poussée latérale de plus de 513 tonnes pour chaque mètre de longueur, ce qui est considérable.

Vecteur force résultant appliqué sur le mur.

Réflexions

Observez les proportions : la force de l'eau (320 kN) représente 62% de la force totale ! Le sol ne contribue que pour 38%. Cela confirme que la stabilité de cet ouvrage dépend majoritairement de la gestion de l'eau. Sans eau, la force ne serait que d'environ 300 kN (voir le jeu ci-dessous).

Points de vigilance

Ne pas additionner des pommes et des poires. Vérifiez que toutes vos forces sont en kN/ml. Une erreur d'unité sur la hauteur (cm au lieu de m) fausse tout le résultat.

Points à Retenir

L'essentiel à mémoriser :

  • L'eau est prépondérante dans le calcul.
  • Le drainage permettrait de supprimer \(F_{\text{eau}}\) et de réduire considérablement l'épaisseur du mur nécessaire.
Le saviez-vous ?

C'est pour cette raison exacte que l'on installe des "barbacanes" (trous de drainage) en bas des murs de soutènement : pour empêcher la pression de l'eau de monter derrière le mur.

FAQ
Où s'applique cette force résultante ?

Pour le savoir, il faudrait calculer le moment de chaque force élémentaire par rapport au pied du mur et diviser la somme des moments par la force totale. C'est le "bras de levier". Généralement, c'est autour du tiers inférieur de la hauteur.

Force Totale \(\approx 513 \text{ kN/ml}\)

A vous de jouer
Si on draine parfaitement l'eau (u=0), la force totale serait d'environ combien ? (Indice : \(\gamma\) devient 18 partout, \(K_a \times 18 \times 10 = 60\) kPa en bas).

📝 Mémo
Eau + Sol = Danger. Sol drainé = Sécurité et Économie.


Schéma Bilan Technique

Répartition finale des pressions sur la paroi.

Sol (193 kN) Eau (320 kN) F_tot = 513 kN/ml z=0 z=2m (Nappe) z=10m (Pied)

📝 Grand Mémo : Synthèse

Points clés pour le calcul de stabilité hydraulique :

  • 🔑
    Contrainte Effective : Toujours calculer \(\sigma' = \sigma_{\text{tot}} - u\) avant d'appliquer \(K_a\).
  • 💧
    Pression de l'Eau : Elle s'ajoute intégralement à la poussée du sol (\(K_{\text{eau}} = 1\)).
  • ⚠️
    Danger : Une nappe perchée non drainée double souvent la charge sur le soutènement.
  • 💡
    Application : Le drainage est la mesure corrective la plus efficace.
"L'eau est le pire ennemi du géotechnicien, mais le principe de Terzaghi est son meilleur ami."

🎛️ Simulateur : Impact du Niveau d'Eau

Observez comment la remontée de la nappe (diminution de \(z_w\)) augmente drastiquement la pression totale sur le mur.

Paramètres
Coeff. Ka : -
Pression Totale Max (base) : - kPa

📝 Quiz final : Validation des acquis

1. Si la nappe phréatique remonte jusqu'à la surface du sol, la pression totale sur le mur... ?

2. Quelle est la valeur du coefficient de pression latérale pour l'eau ?

📚 Glossaire

Contrainte Effective
Partie de la contrainte transmise par le squelette solide du sol.
Pression Interstitielle
Pression de l'eau contenue dans les pores du sol.
Poussée Active
Action du sol sur un écran qui s'éloigne du massif (détente).
Déjaugeage
Réduction du poids apparent due à la poussée d'Archimède.
Rideau de Palplanches
Écran de soutènement constitué de profilés métalliques emboîtés.
[Exercice] Stabilité d'une Fouille avec Nappe Perchée
Notification

Chargement...